Je sais, je sais, vous me direz : « pas encore le Web 2.0 », et vous avez raison… et ce n’est pas dans les habitudes de la maison, euh… du blogue mais puisque c’est l’été et que nous faisons « léger », nous allons digresser et revenir sur ce billet ou plutôt ces 2 billets, celui que j’ai écrit précédemment, PRODUCTIVITÉ, MOBILITÉ, BLACKBERRY… VIVE L’ÉTÉ ! et celui de Michelle Blanc, Pourquoi les entreprises ont besoin du Web 2.0 ?, tous deux inspirés, que dis-je, alimentés par cet excellent billet « Why Companies Need Web 2.0? », écrit par un des bonzes de FORBES, Mike Schaffner. Alors, asseyez-vous bien confortablement parce que ce billet est assez long, merci. Il faut parfois sortir la tête du terrier pour bien voir l’horizon !
Mike Schaffner explique avec bonhommie comment il fut surpris de constater, lors d’un voyage en France avec sa fille, à quel point le Web 2.0 s’était immiscé dans le tissu social et commercial et surtout, à quel point, sa fille, digne représentante des GenYers, vivait au rythme du Web 2.0 (web sans fil, Google Maps, partage de photos de voyage instantanément sur Facebook, etc.). Il constata aussi que le personnel de l’hôtel, du même âge que sa fille (début vingtaine), était parfaitement au fait des attentes de sa fille en termes de services/technologies 2.0 et aussi parfaitement en mesure d’y répondre (connexion internet sans fil, wiki et blogue de l’hôtel, etc.). Puis, il fait le tour des technologies dites Web 2.0 et en présente quelques applications en entreprise très édifiantes. Et sa conclusion est très simple : les entreprises qui ne s’adaptent pas au Web 2.0 ne pourront non seulement pas attirer, satisfaire et retenir la nouvelle génération de talents mais aussi et surtout, la nouvelle génération de consommateurs; ce qui pourrait s’avérer catastrophique pour plusieurs d’entre elles car comme Forrester le dit dans une récente étude : il faut penser Gen Y ou mourir car cette génération envahit le marché du travail maintenant ! Je le mentionnais aussi récemment en commentaire sur le billet « Google indexe les flash » de Zero Seconde : « … avec la Gen Y, on se dit tout, partout, tout le temps, et i’ faut que ça Flash ». Ils communiquent en toute transparence de façon permanente et instantanée sur de multiples plates-formes. Bref, ils sont très Web 2.0.
Là où ça devient intéressant, c’est que Michelle Blanc conclut dans son billet que si la prestigieuse Forbes parle du Web 2.0 c’est que c’est maintenant « mainstream »; ce à quoi, j’opposai une fin de non-recevoir en ce qui a trait au Québec sur la base de notre expérience de « blogue » depuis 6 mois qui s’est avéré des plus positives en termes de lecture (près de 2 000 visites) mais décevante en termes de commentaires (moins de 10). On nous lit mais on ne nous commente pas. Michelle me dit à ce sujet : « De recevoir des commentaires est un exploit en soi. Surtout lorsqu’un blogue discute de sujets hautement technologiques comme le fait Analystik ». Je répliquai à Michelle qu’apparemment, les gestionnaires du Québec ne perçoivent toujours pas encore les bénéfices sur les plans de l’information et des connaissances de la dynamique des blogues; contrairement aux USA où l’on ne compte plus les blogues d’affaires (et les commentaires qu’ils suscitent), même parmi les Fortune 500. Ou y a-t-il un autre facteur ?
En fait, j’avais écrit cette boutade sur la base d’une intuition, convaincu d’avoir lu ou entendu cette affirmation… mais ne pouvant plus dormir sur mes deux oreilles avant que de vérifier cette info, je me suis attelé à la tâche. J’ai fait mes devoirs et je peux dire que j’en ai lu du contenu, de liens en pages Web (ça, c’est la magie du Web; tu sais d’où tu pars, mais tu ne peux jamais prédire jusqu’où tu iras !!!) pour finalement me rendre compte que la réponse n’était plus aussi simple qu’au début; ce dont je veux parler aujourd’hui.
Au fil de mes recherches, je me suis souvenu de la présentation de Shel Holtz, président de Holtz Communication + Technology, lors du 3e Mardi du 26 mai dernier, sur l’utilité des blogues d’entreprise. Shel Holtz conseille les entreprises aux USA sur l’utilisation du Web 2.0 et est l’auteur de « Corporate Conversations » et de « Public Relations on the Net ».
Lors de sa présentation, je lui avais fait une remarque avec laquelle il était parfaitement d’accord : « la peur du blogue et du Web 2.0 tient en grande partie à un clivage générationnel ». Les dirigeants d’entreprises présentement au pouvoir sont issus de la culture du « envoyons le message et contrôlons-en la perception » alors qu’avec la Gen Y, nous sommes passés à la culture du Web 2.0, soit « voici le message, parlons-en tous ensemble, en totale transparence »; bref, « let’s have an open conversation ». À l’automne 2007, le CEO de Cisco, John Chambers, disait : « Le succès futur relèvera du pouvoir du « NOUS » et de notre capacité à collaborer grâce au Web 2.0. » Le blogue est justement un de ces merveilleux outils Web 2.0 qui tirent profit du pouvoir du « NOUS » dans une approche collaborative transparente, ce dont nous parlent abondamment les Seth Godin, Matt Cutts, Steve Rubel, Guy Kawasaki, Michelle Blanc, Fred Cavazza, Martin Lessard, Charlene Li et Loic Le Meur de ce monde; pour ne nommer que ceux-là. Il y a un clivage générationnel qui fait obstacle à la pénétration du Web 2.0 en entreprise mais avec la GenY qui arrive à grand pas, le Web 2.0 (voire 3.0 et 4.0) s’imposera inexorablement, en entreprise comme ailleurs.
Plus tard, après la présentation de Shel, dans une discussion à bâtons rompus avec quelques autres participants, nous estimâmes que la majorité des techno US utilisaient le Web 2.0 et que certainement plus du quart des entreprises US adhéraient au Web 2.0 sous une forme ou une autre. Nous en conclûmes que ce n’était qu’une question de temps (court) avant que la vague 2.0 ne dépasse la majorité dans tous les secteurs de l’économie américaine. Et voilà, que pour appuyer mon intuition, Carine Salvi, de Techno-économie, publie un billet jeudi le 24 juillet 2008, Les grandes entreprises qui bloguent sont rares, reprenant les résultats d’un sondage aux USA réalisé par la firme Burson-Marsteller et dont la chef de la stratégie Internet se dit très surprise que seulement 15% des entreprises Fortune 500 « bloguent », soit 74 sur 500. Je suis tombé en bas de ma chaise. Question de perception, j’imagine. Autre pays, autres critères ! On parle bien des Fortune 500 là; de ces mastodontes méga-corporatistes super-lourdauds qui comme des superpétroliers mettent des centaines de kilomètres pour tourner en haute mer, et le sondage révèle qu’une sur 7 d’entre elles blogue. Mais moi, je trouve ça fantastique, je dis « WOW », 15% de ceux qui mettent des années à bouger d’un pouce non seulement surfent déjà sur la vague 2.0 mais en plus, ils bloguent. Y a-t-il 15% des grandes entreprises canadiennes ou québécoises qui bloguent ? J’en doute très fortement. Ma pensée se précise : il y a un frein générationnel à la pénétration du Web 2.0 en entreprise, mais nous sommes aussi à la traîne par rapport aux USA et en certains domaines, ça devient alarmant.
Bien sûr, on peut jouer au visionnaire avec un titre ronfleur (Le phénomène blogue tire à sa fin) prédisant la mort du blogue comme notre ami Alain Dumais de Direction informatique mais le fait est que le blogue (avec un compte de plus 70 millions recensés en juillet 2008 selon Blog Herald et près de 100 millions au total pour les plates-formes majeures d’hébergement telles Blogger ) et le Web 2.0 commencent à peine à nous révéler leurs innombrables possibilités et à livrer des bénéfices tout en poursuivant leur pénétration; mais ça, c’est une autre histoire…
Mais, et la question surgit d’elle-même, est-ce important que les entreprises bloguent ? À mon avis, c’est une mauvaise question car « bloguer » n’est que l’une des manifestations du Web 2.0. La bonne question est : Les entreprises ont-elles besoin du Web 2.0 et plus particulièrement, les entreprises québécoises ont-elles besoin du Web 2.0 ? Est-ce important pour leur survie, leur croissance, leur compétitivité ? Poser la question, c’est y répondre. Encore faut-il rappeler ce qu’est le Web 2.0. Je sais, je sais, on a posé cette question des milliers de fois, mais…
Pour votre bénéfice, nous avons fait cet exercice de réflexion chez Analystik en capitalisant sur le pouvoir du « NOUS », soit avec le groupe de réflexion Web 2.0 de l’AQT (Association Québécoise des Technologies) auquel participait Michel Martel. Martin Lessard, de Zero Seconde, propose, quant à lui, une topographie Internet pour le moins intéressante ainsi qu’une approche plus académique du Web 2.0 dans ce billet dont je vous résume la conclusion : « …le web 2.0 est cette sixième culture d’Internet, une culture de diffusion pour la diffusion, mais basée sur les cultures précédentes : liberté d’expression et de partage des informations et du code, l’individualité en réseau, la reconnaissance des pairs et la méritocratie. Aujourd’hui, toutes ces cultures se côtoient. » Michelle Blanc définit plutôt le Web 2.0 comme une philosophie s’appuyant sur quelques concepts clés tels le mode collaboratif, la notion de partage de l’information et la notion d’intelligence collective.
On peut s’entendre, je crois, sur le fait qu’avec le Web 2.0, c’est le contenu qui est ROI et sur la définition générale suivante : ensemble des technologies et stratégies permettant la création et le partage de contenus dans une approche interactive. On identifie bien les technologies 2.0 : fils RSS, blogues, réseaux sociaux, etc., et on reconnait tous que ces technologies et stratégies mettent en lumière certains concepts tels « interactivité », « personnalité », « collectivité », « instantanéité », « créativité », « transparence », etc. Et depuis peu, phénomène nouveau, les mobiles et surtout les Smartphones, doivent être considérés comme des outils Web 2.0 car ils s’en font le prolongement mobile; ils « mobilisent » le Web 2.0, si vous permettez l’expression !!! Prenons aussi le temps de souligner l’apport des réseaux sociaux qui prennent de plus en plus d’importance, tant dans la vie des individus que dans la vie des corporations.
Donc, le Web 2.0 est peut-être devenu « mainstream » aux USA mais certainement pas encore au Québec, ce qui, normalement, ne devrait pas porter à conséquence, ni inquiéter car il est bien connu qu’en matière de vague, nous sommes toujours en décalage avec les USA, en technologie comme ailleurs. Et si l’on fait la somme des reportages, billets et articles qui décrivent la situation du Web 2.0 et des « start-ups » au Québec, on a de quoi se réjouir, ne serait-ce que selon l’ami Alain McKenna, du Blogue QuebecTech : le mercredi 16 juillet 2008 (Web 2.0: Montréal, «masse critique») et le mardi 22 juillet 2008 (Tentative de répertoire des startups québécoises).
Non, moi, ce qui m’inquiète, ce sont les réseaux sociaux et la mobilité au Québec.
On peut passer outre le fait que les principales plates-formes de réseaux sociaux ont été développées aux USA; après tout, cela n’empêche pas les Québécois d’en profiter et de les utiliser. Quoique d’aucuns pourraient s’inquiéter que ce soit des plates-formes américaines qui tirent profit de la circulation des contenus et des personnalités et par ricochet, des dépenses dites numériques qui en découlent !!! Non, ce qui m’inquiète, ce sont les « Business Community » qui poussent rapidement aux USA et qui confèrent aux entreprises américaines un avantage concurrentiel indéniable. Dernièrement, j’apprenais lors d’un Webinar de JIVE sur les réseaux sociaux, qu’aux USA, 60% des entreprises œuvrant en B2C avaient mis en place une stratégie de « social network » (« 67% have a comprehensive understanding and 31% are looking for info ») et que pour le B2B, c’est 28%. Au mieux de ma connaissance, je crois que l‘on est beaucoup plus en retard que l’habituel « décalage » en ce domaine. En visitant seulement cinq des principales plates-formes de « Business Community » aux USA, on peut leur compter plus de1 000 grandes entreprises clientes ayant mis en place de telles communautés !!!
Quand on comprend bien les avantages que procurent les « Business Community », on se doit d’être inquiet pour les entreprises du Québec (et du Canada) qui sont en compétition directe et indirecte avec ces entreprises américaines ! Alors où en sommes-nous au Québec en termes de « Business Community », est-ce si dramatique ? Je crains fort que oui. Et apparemment, il ne faut pas compter sur nos élus pour donner l’exemple sur le plan d’applications novatrices des réseaux sociaux en termes de sécurité, selon Michelle Blanc; élus dont l’inertie en la matière pourraient avoir des conséquences désastreuses selon le forum Zone Grippe Aviaire
Et la mobilité maintenant ! Alors là, attention. Je suis convaincu, pour en avoir mesuré les résultats que la mobilité est devenu un formidable outil de productivité pour les entreprises; encore faut-il qu’elles puissent en profiter. La situation des tarifs exorbitants des opérateurs mobiles du Québec et du Canada en comparaison de l’Europe et des USA est, à mon avis, totalement inacceptable. Je l’ai dit aux trois MoMoMo auxquels j’ai participé, je l’ai écrit sur des blogues et je le répèterai tant qu’il faudra : « Les tarifs exorbitants des opérateurs mobiles du Québec nuisent à la libre circulation des idées et des contenus entre les individus et les entreprises. Par conséquent, les opérateurs mobiles du Québec constituent, à mon avis, un frein encore plus grand que le clivage générationnel à la pénétration du Web 2.0 en entreprise et à la compétitivité des entreprises. » Et ça, c’est sans compter la masse critique de développeurs d’applications mobiles qui se crée partout ailleurs et l’expertise qu’il s’y développe car tous ces développeurs profitent d’une clientèle qui peut profiter de leurs applications mobiles grâce à des tarifs forfaitaires, de téléchargement entre autres, des plus raisonnables; partout, sauf au Québec. Et ce n’est pas l’envie qui manque, il y a des développeurs d’applications mobiles extrêmement créatifs au Québec mais ils doivent redoubler d’imagination pour rentabiliser leurs investissements en développement… sur d’autres marchés auprès d’autres clientèles profitant d’autres tarifs !!!
Suis-je le seul à penser ainsi ? Je crois que la pétition « iPhone » et les 2 recours collectifs SMS contre Bell et Telus nous donnent à penser qu’il y a un germe de ras-le-bol généralisé envers les opérateurs mobiles au Québec. Vous auriez dû aussi entendre les applaudissements lors de mes interventions aux MoMoMo et vous l’avez sûrement lu sur l’un des nombreux blogues technos du Québec, mais, ne serait-ce que pour vous rafraîchir la mémoire grâce à l’ami Alain McKenna, du Blogue QuebecTech, le mercredi 16 avril 2008 (Tous ensemble contre le coût élevé du sans fil au Canada), le mardi 27 mai 2008 (Nouveaux opérateurs sans fil au Canada: et si ça faisait monter les prix?) et le mercredi 5 juin 2008 (Enchères pour le sans-fil canadien: plus ça monte, moins on en profite) et le 14 juillet (Montréal se prépare à la «naissance» de l’Internet mobile). Mais le plus drôle dans tout ça, c’est cette étude (Les Canadiens boudent la téléphonie mobile), reprise par Alain Beaulieu, Direction informatique, le jeudi 24 juillet 2008; dans laquelle, on attribue l’origine de l’inertie des Canadiens à l’égard de la téléphonie mobile, « …à l’approche commerciale employée par les fournisseurs canadiens… ». Ah, bon, vous m’en direz tant ! Mais juste comme ça, parlant d’inertie des Canadiens, où était TNS Canadian Facts, la firme qui a réalisé l’étude, lors du dernier mois ? Hors du pays ! Quelqu’un peut-il les informer de la pétition « iPhone », svp.
Alors, pourquoi les entreprises québécoises ont-elles besoin du Web 2.0 ?
- - Pour tirer profit de l’intelligence collective en capitalisant sur les outils de création et de partage de contenu et de réseautage
- - Pour augmenter leur productivité en capitalisant sur les outils de collaboration et de mobilité
- - Pour augmenter la qualité de leurs produits/services et la satisfaction de leur clientèle en capitalisant sur les outils de création et de partage de contenu, de réseautage, de collaboration et de mobilité
Et de quoi ont-elles besoin pour mettre à profit le Web 2.0 ? De courage.
Elles doivent avoir le courage d’écouter les leaders au sein de leur propre organisation et le courage d’exiger des vrais leaders à l’extérieur de leur organisation. Des leaders qui, eux, auront le courage d’appliquer les mesures qui s’imposent afin que le Québec rattrape son retard en mobilité et en réseaux sociaux face aux USA et à l’Europe, et que les individus et les entreprises du Québec puissent profiter de réseaux sociaux et de tarifs de mobilité « comparables aux autres marchés », qui faciliteront la libre circulation des idées et des contenus entre les individus et les entreprises et assureront leur compétitivité… et leur sécurité.
Non, mais juste comme ça, chers leaders québécois et canadiens, l’Union Européenne, via Viviane Reding, sa commissaire européenne en charge de la Société de l’information, a eu le courage de « policer » ses opérateurs mobiles à plusieurs égards déjà… ça vous donne des idées là ou quoi ?
Non mais juste comme ça, chers leaders québécois et canadiens, selon Michelle Blanc, « … Aux États-Unis, les médias sociaux du domaine des préparatifs pandémiques sont reconnus par les autorités gouvernementales et ils sont invités à participer aux processus de planification des mesures d’urgence en cas de pandémie. » et le Los Angeles Fire Department a recours à toute la panoplie des outils Web 2.0 afin d’améliorer la qualité de ses interventions et de ses services; bref, les premiers intervenants et les élus au sud de la frontière sont pour le moins innovateurs… ça vous donnes des idées là ou quoi ?
Je crois que lorsqu’on a un certain pouvoir d’influence, lorsque l’on est un décideur, un leader, un journaliste, un blogueur, un élu, que dis-je, un citoyen; on a le devoir de faire entendre sa voix pour défendre le bien commun et exiger un monde meilleur… pour tous et pour soi.
Mais j’ai bon espoir, j’ai foi au génie créateur et au courage des Québécois…
Et voilà, pour clore le tout en beauté, saupoudrer simplement d’un peu de chauvinisme.
Ouf, i’ fallait que ça sorte… l’été s’annonce chaud… et lourd !!!
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EN PLEIN ÉTÉ, LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC A TROUVÉ LE MOYEN D’ÊTRE FRILEUX
Il a fait savoir qu’il ne reconnaîtrait pas les médias sociaux
Denis Paul van Chestein, dans le blogue Productivité +, décortique dans une longue analyse pourquoi les entreprises québécoises ont besoin du Web 2.0. Il mentionne Zonegrippeaviaire et le fait que les élus québécois se sont montrés jusqu’à présent très réticents et peu novateurs en ce qui a trait aux outils du Web 2.0. Il parle de courage.
Je souhaiterais alerter la population de la récente position du gouvernement du Québec par rapport aux médias sociaux, qui n’a rien de bien courageux, afin que tous les acteurs utilisant les plates-formes technologiques du Web 2.0 soient au courant de ce qui se passe (ou plutôt de ce qui ne se passe pas) et de ce que cette position ferme pourrait avoir comme conséquences sur le développement de nos milieux respectifs.
Le média social http://www.zonegrippeaviaire.com, un site regroupant près de 500 utilisateurs répartis dans une trentaine de pays, a cogné à la porte du gouvernement du Québec en mars dernier afin de faire reconnaître le rôle des citoyens dans les préparatifs pandémiques du Québec. Aux États-Unis, ce rôle est déjà reconnu et soutenu.
Le 17 juin dernier, le gouvernement du Québec a fait savoir que la sphère du Flublogia (et le site Zonegrippeaviaire) ne seraient pas reconnus «parce que nous ne voulons pas reconnaître LES AUTRES (domaines des médias sociaux)». (http://www.zonegrippeaviaire.com/showthread.php?t=1894#9)
Un document, obtenu le 25 juillet dernier par Zonegrippeaviaire par le biais de la loi sur l’accès à l’information, intitulé «Les médias sociaux et la communication du risque» (http://www.zonegrippeaviaire.com/showthread.php?t=1894&page=2#17), conclut qu’il ne vaut pas la peine de dépenser ni temps ni argent dans les applications de Web 2.0, parce qu’elles manquent de maturité et de crédibilité.
Pourtant, dans ce même document, les recommandations du Centre pour la biosécurité de l’Université de Pittsburg, encourageant les autorités gouvernementales à concerter la communauté lors de la prise de décision et l’élaboration des préparatifs entourant la gestion d’une crise, y sont mentionnées (Community Engagement: leadership tool for catastrophic health event): «L’infrastructure civique – composée de la sagesse publique collective et de la capacité de la collectivité à résoudre des problèmes – est essentielle à la bonne gestion d’un événement de santé publique [comme une pandémie]. […] Le dialogue, mettant à profit les savoirs individuels et la sagesse collective, peut contribuer à l’élaboration de meilleures politiques de santé publique et améliorer la faisabilité, la fiabilité et l’acceptation des plans d’action mis sur pied. […] Les connaissances et l’expérience vécues par les individus contribuent aussi à consolider la faisabilité des plans d’urgence sur le plan logistique, mettant de l’avant des solutions et idées originales et novatrices.»
Alors que nos voisins du sud innovent, se développent et s’appuient sur la participation des citoyens pour améliorer les mesures mises en place, ici, au Québec, les autorités sont frileuses. Les planificateurs refusent d’intégrer les citoyens dans le processus des préparatifs en vue d’une pandémie, sous prétexte de ne pas vouloir reconnaître «LES AUTRES».
Cela en dit long sur la tendance au contrôle des citoyens qui utilisent Internet pour influencer les politiques. Le résultat est que nous n’avançons pas. Nous sommes figés dans l’inertie, et cela s’avère très dangereux devant la menace d’une pandémie imminente. Le Canada est considéré comme étant le moins bien préparés à une pandémie parmi les pays développés. Amir Attaran, occupant une chaire de droit à l’Université d’Ottawa, a déclaré le 12 juin dernier: «Vous feriez mieux d’être une oie canadienne plutôt qu’une personne canadienne au cours d’une flambée de grippe aviaire, c’est embarrassant de le dire.» (http://www.zonegrippeaviaire.com/showthread.php?t=1797) Ultimement, ce qui arrivera, c’est que les autres pays pourraient s’en tirer beaucoup mieux que nous lorsque la pandémie éclatera. Nous encaisserons un plus grand nombre de morts, nous subirons des dommages plus importants à l’infrastructure de la société et à notre économie.
Le refus de reconnaître «LES AUTRES» (domaines des médias sociaux) démontre par ailleurs une profonde suffisance à l’égard des citoyens, de même qu’un très regrettable penchant vers le totalitarisme. Ceci se veut donc un AVERTISSEMENT à tous les domaines du Web 2.0 évoluant au Québec. Je vous invite à prendre connaissance du document «Les médias sociaux et la communication du risque» (http://www.zonegrippeaviaire.com/showthread.php?t=1894&page=2#17), et à évaluer, dans chacune de vos sphères d’activité, ce que signifiera pour le Québec le couperet qui est tombé sur nos têtes avec la décision du gouvernement du Québec du 17 juin dernier: «Nous ne voulons pas reconnaître LES AUTRES (domaines des médias sociaux)».
Ajoutons qu’il ne suffit pas de mettre le « Gouvernement en ligne » en donnant de succulents contrats à de grandes firmes telles Microsoft, pour lesquels les citoyens paieront de toute façon, pour démontrer son sens de l’innovation. Qui plus est, ces services de gouvernement en ligne agissent bien souvent comme tampon et détour de la même manière que les systèmes de répondeurs automatisés des grandes entreprises. Il y a à l’évidence, deux sortes de leaders; ceux qui font leur devoir et se posent les bonnes questions et qui finalement, auront le courage de nous proposer une vision, un plan de match: « Voici comment nous voyons les choses ». Avec ceux-là, on peut être d’accord ou pas mais au moins, ils ont quelque chose à proposer et il y a un débat qui fait avancer la société. Et il y a les autres, qui ne prennent aucun risque, qui attendent qu’on leur dise quoi faire et surtout, quoi dire !!! Avec ces derniers, point de vague sur la mer, mais aussi, point de salut !!! Aucun risque mais aucun gain !