LA SAGESSE DU WEB 2.0 ET LES RÉSEAUX SOCIAUX
On ne peut pas tout contrôler sur le Web et ça, c’est l’apanage du Web 2.0, finie l’époque du « Full Message Control « , nous sommes maintenant à l’ère du « Full Open Conversation »; et à plus forte raison dans les réseaux sociaux. Poursuivant la piste de réflexion du Forum Zone Grippe Aviaire, peut-être est-cela qui fait peur à de nombreux leaders, entrepreneurs et gouvernants dans le Web 2.0 ? Michelle Blanc reprend un excellent billet d’iMedia Connection sur son site à propos de ces mythes sur les réseaux sociaux qui circulent et desquels, on peut extrapoler la peur qu’ils engendrent !
Ceci dit, il est important de rappeler que sur le plan de la crédibilité, le bashing ou commentaire négatif sur un réseau social (social network) ou sur une communauté d’affaires (business network) est positif en soi. En effet, les experts en « social network » estiment qu’il faut au minimum 10% de commentaires négatifs ou d’insatisfaits pour que votre réseau ait l’air crédible aux yeux de ses utilisateurs/visiteurs.
Si c’est le cas, nos leaders, entrepreneurs et gouvernants n’ont rien à craindre car tel que démontré dans le paragraphe précédent, même sur les réseaux sociaux, on ne peut pas plaire à tout le monde et tout le monde comprend ça. Bref, la sagesse du Web 2.0 est à la hauteur de la sagesse populaire.
Denis Paul van Chestein / analystik / blog.analystik.ca
Soyez avertis des commentaires concernant cet article en vous inscrivant à notre feed RSS 2.0 . Vous pouvez ajouter un commentaire, ou un trackback provenant de votre site.
| Mots-clefs :Communauté d'Affaires, Entreprise 2.0, Réseaux sociaux, Web 2.0 |



[6 août 2008] à 09:54
Lors de mes rencontres avec le Directeur de la coordination de l’information et des mesures d’urgence du Québec, celui-là même qui a déclaré que la sphère du Flublogia ne serait pas reconnue au Québec parce qu’il ne voulait pas avoir à reconnaître « les autres », j’ai mentionné à plusieurs reprises la notion de sagesse des foules, qui caractérise les médias sociaux.
Vous seriez surpris des réponses que j’ai reçues! Il semblerait que les décideurs ne perçoivent pas la population québécoise comme étant capable d’une quelconque sagesse, l’opinion des « experts » étant la seule et unique voix possible.
Personnellement, j’y crois à la notion de sagesse des foules. J’ai vu opérer les médias sociaux et observé comment les gens, via ce médium, finissent par comprendre beaucoup de choses, grâce à un effort collectif d’information déployé par un très grand nombre de personnes. À ma connaissance, il n’existe pas deux castes de personnes dans notre société: les citoyens ordinaires, et les élus. Cela pourrait même arriver qu’il y ait des gens futés et intelligents parmi le lot de l’infrastructure civile! Peut-être qu’ils ont fini par l’oublier, mais les élus et les fonctionnaires proviennent tous du même endroit: le bassin de la population québécoise. Ils ne sont pas nés dans des palais royaux. Dans leurs veines coulent le même sang que celui du reste d’entre nous. Du haut de leur tour d’ivoire, combien de temps vont-ils continuer à contempler avec suffisance les gens qui utilisent les médias sociaux? Je suis vraiment très étonnée de cette attitude. Je ne croyais pas que cela puisse être possible chez nous, au Québec. Je ne pensais pas qu’il puisse exister, parmi nos dirigeants, des personnes aussi fermées et peu enclines à développer le Québec. Cela me semble même contradictoire avec la nature de leurs fonctions.
Finalement, cette histoire de médias sociaux est palpitante et m’a permis de dévoiler beaucoup de zones grises. Au départ, je me suis enlignée sur les zones grises des préparatifs pandémiques, mais je me rends compte que les impacts des «trouvailles» débordent de la sphère d’activité, et que tout cela a une incidence beaucoup plus vaste.
[6 août 2008] à 12:17
Peut-être s’agit-il simplement d’un cas de « control freak »; certaines personnes ne veulent rien laisser aux autres, ils veulent tout contrôler dans l’espoir secret de récolter tout le mérite, éventuellement !!! C’est ausi une attitude de « vieille garde boomeresque » que de vouloir tout contrôler… dans le secret et malheureusement pour elle, cette attitude obsolète leur fait plus de tort que de bien. Ceci dit, pour l’instant, on peut encore pour quelques temps leur faire une faveur et leur donner le bénéfice du doute et mettre cette attitude sur le compte de l’ignorance des bénéfices des « plates-formes sociales »… pour quelques temps encore !!!
[6 août 2008] à 19:40
Vous êtes très intuitif, avec votre hypothèse de cas de «control freak»! C’est une hypothèse que je considère aussi. Il y a des petits indices, dans les nouvelles, qui tendent dans cette direction. Dernièrement, le premier ministre Harper a été accusé, par un ex-militaire, d’être une menace à la démocratie en raison de son contrôle maladif de l’information. Il ne veut pas de mauvaises nouvelles, il ne veut pas de bonnes nouvelles non plus. Y a-t-il eu un mot d’ordre de la part du niveau fédéral aux niveaux provinciaux de gouvernement? Nous avons pu voir comment le ministre Harper a été extrêmement réticent, la semaine dernière, à dévoiler le rapport de Santé Canada portant sur les dangers des changements climatiques sur la santé publique des Canadiens. Les décideurs ont tendance à ignorer les gros dossiers dérangeants, faute de ne savoir quoi faire avec. Au Québec, le site de Pandémie Québec a publié 8 communiqués de presse en 28 mois. Le dernier communiqué de presse remonte au mois de novembre 2007. Les équipes de communication (et ils sont 18 personnes!), n’ont pas dû avoir trop de sueurs en raison d’une surcharge de travail de ce côté.
La situation actuelle semble être une combinaison d’un peu de tout. Dans le cas de Zonegrippeaviaire, la très évidente peur de parler de l’influenza aviaire et de l’éventualité d’une pandémie. Le manque de courage face à la montagne de préparatifs à entreprendre. La possibilité d’un excès de contrôle de l’information, dans les hautes sphères de la gouverne. Des individus pas tellement ouverts d’esprit et qui ne souhaitent pas changer leurs habitudes de routine de fonctionnaire. L’ignorance crasse. L’optimisme irréel. Un certain mépris de la population et la difficulté d’admettre la notion de sagesse des foules. La peur d’ouvrir la boîte de pandore, et que les autres domaines des médias sociaux s’emparent d’une fièvre démocratique et n’en viennent à renverser le cours des choses.
[13 août 2008] à 14:51
C’est exactement le genre de combinaison de facteurs qui crée un contexte propice à des retombées pour le moins néfastes. Et à l’évidence, vos craintes seraient fondées si on en croit le reportage de ce matin sur le site de radio-canada Une autre souche inquiétante. Bref, en lisant ce reportage, je me suis dit qu’il est temps d’alerter la population quant à l’ineptie de nos élus en la matière, notamment en ce qui a trait à leur attitude vis-a-vis de l’utilité des réseaux sociaux à cet égard, compte tenu qu’il y a consensus dans la communauté scientifique quant à l’ampleur et l’imminence du danger: « …Les experts de la grippe estiment pour la plupart qu’une pandémie à l’échelle planétaire est inévitable, mais ils ne peuvent prédire le moment où elle éclora et à partir de quelle souche… » (site radio-canada)On a beaucoup parlé récemment de l’utilité des blogues et du pouvoir des blogueurs sur le plan de la démocratie entre autres, je crois qu’il s’agit là d’une belle opportunité pour en faire la démonstration et orienter la mouvance sociale afin de faire pression sur l’autorité en place !!! Qu’en pensez-vous ?