Entreprise 2.0 (1ère partie) : ignorer le 2.0, c’est comme ignorer l’iceberg sous la pointe… de votre entreprise

Pour nombre d’entreprises et d’entrepreneurs, le 2.0, c’est comme une autre religion, une façon de faire qu’il ne connaisse pas et à laquelle, ils sont rébarbatifs par nature; ne serait-ce que pour le principe.  Mais qu’en est-il vraiment ?

Dans la réalité, tout le monde est enjoué à l’idée du 2.0.  La classe dirigeante qui se fait vieillissante partout en Occident regarde tout cela avec bienveillance et amusement.  Mais lorsqu’il est question d’implantation en entreprise, on devient plus pointilleux et on craint comme la peste, les pertes de temps et de productivité dues aux réseaux sociaux, les risques à la sécurité par manque d’étanchéité des outils 2.0 et  d’atteinte à la réputation dans les commentaires des blogues, des wikis et des réseaux sociaux.  Et ce qui chatouille plus que tout, c’est cette idée de partager l’information entre tous et partout; ce qui laisse un arrière-goût de « perte de pouvoir » en bouche !!!

On peut comprendre qu’une entreprise B2C soit tenté par l’aventure 2.0 mais qu’en est-il d’une entreprise B2B; une entreprise qui vend des services financiers par exemple ou encore qui produit des pièces d’avions ???

 

L’équation informationnelle : données, connaissances, savoir, décision, gestion…

Quoique les définitions peuvent varier légèrement, on s’entend pour dire que l’Entreprise 2.0 est une entreprise qui capitalise sur un ensemble de technologies 2.0 telles que blogs, wikis, entrepôt de fichiers (file repository), forums, communautés d’affaires, réseaux sociaux, vidéos, podcasts, fils RSS, applications mobiles, etc.; permettant une collaboration rapide et flexible entre les gens, la création et le partage de contenus, l’émergence d’idées, et offrant des fonctionnalités d’intégration à l’entreprise étendue (dont la structure opérationnelle s’étend par-delà ses murs).

La Gestion du SAVOIR (Knowledge Management) a connu une progression constante ces 15 dernières années mais avec des résultats mitigés, dirons-nous.  Tous ces efforts de formalisation des Connaissances nous ont toutefois permis de mettre en lumière une caractéristique majeure : la Connaissance est une matière fluide, elle s’accommode mal de toute forme ou structure, si l’on peut dire.  En effet, la Connaissance se présente très rarement de manière structurée et elle s’acquiert très rarement de manière formelle.  Selon Jay Cross, un des piliers du eLearning87 % de l’Apprentissage en entreprise se fait de manière informelle; l’acquisition de connaissances donc procède hors de toute structure.  

Malgré tout, les entreprises ont mis du temps et des ressources incommensurables en TI ces 20 dernières années afin de formaliser (mettre en forme / en nombre) les données significatives (???) de leurs opérations dans des silos de processus « formels » tels ERP (Enterprise Resource Management), PLM (Production Line Management), CSM (Chain of Supply Management), etc.  Pour être plus précis, voici un tableau qui met en lumière certaines particularités de ces applications, piliers du SAVOIR en entreprise, et les propriétés des différents types de  données qu’elles manipulent :

 

la-gestion-du-savoir-en-entreprise

Tirer profit de l’iceberg en entier et pas seulement de la pointe de votre entreprise

Rappelons que ces données structurées ne représentent que 4 % du SAVOIR de l’entreprise et sont le fait des activités de l’entreprise elle-même.  Ainsi, le SAVOIR en entreprise est difficilement localisable et identifiable sinon que dans la tête des gens et il ne se trouve surtout pas dans les entrepôts de données.

SAVOIR

4% données structurées

20% données non structurées

74% non documentées (contenues dans la « tête » des gens)

 

Conséquemment, les données structurées des applications TI ne reflètent que le résultat quantifié (auquel on a accolé une valeur) d’une série d’opérations, de manutentions, de discussions, de téléphones, de rencontres, de courriels, etc.

Le drame, c’est que toutes ces discussions, téléphones, rencontres, questions-réponses, courriels et surtout, décisions prises dans le cadre informel de cette série d’opérations où sont traitées des données non-structurées ne sont pas comptabilisées, ni répertoriées, ni archivées et encore moins, partagées.  En fait, il y a là tout un SAVOIR… informel, des années d’expérience et de relations, des milliers d’heures de discussion et d’échange d’information que les entreprises perdent chaque année … parce que ses dirigeants ne veulent pas se mettre au 2.0.

 

Bref, refusez d’admettre la valeur du 2.0, c’est comme refuser d’admettre le poids de l’iceberg sous la pointe. Intelligence d’Affaires, vous avez dit !   Intelligence collective, aussi !  Et l’Intelligence entrepreneuriale, alors ??? 

 

Bonne semaine,

Denis Paul van Chestein


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